Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste (Belgique)

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    a.filetta
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    Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste (Belgique)

    Message par a.filetta le Dim 4 Mar - 10:16

    Le site du Centre MLM (B), organisation issue de la dissolution du Bloc ML est ici :
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    Pedro
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    Re: Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste (Belgique)

    Message par Pedro le Lun 5 Mar - 11:58

    Enorme !

    Nous, Centre MLM (Belgique), devons à la fois :

    - Prendre clairement position idéologiquement et
    politiquement dans les débats qui traversent le mouvement communiste
    maoïste international, pour arborer les idées justes et condamner les
    idées fausses, pour barrer la route au centrisme, au révisionnisme et à
    l’opportunisme.

    - Garder une démarche scientifique, éviter que des
    traits subjectivistes par ailleurs légitimes, comme la haine de la
    trahison et l’enthousiasme révolutionnaire, n’altèrent nos capacités
    d’analyse. Nous sommes très loin du Népal. Nous sommes pleins de respect
    et d’admiration pour l’héroïque guerre populaire menée pendant dix ans
    par le PCN(m), et cela nous oblige à nos formuler des critiques qu’avec
    la plus absolue des certitudes.

    Aussi, par rapport aux diverses prises de position
    concernant les derniers développements au Népal, le Centre MLM (b)
    expose que :

    1° Le PCN(m) [pas encore « Unifié » avec le Mashal]
    a mené pendant dix ans une longue et dure guerre populaire suivant les
    principes du marxisme-léninisme-maoïsme. Affirmer que tout entier, du
    premier au dernier de ses cadres, du premier au dernier de ses
    militants, il a sombré dans le révisionnisme le plus pourri, serait un
    point de vue anti-scientifique. « Un se divise en deux ». Il ne peut pas
    ne pas y avoir lutte de lignes entre les forces révolutionnaires et les
    forces révisionnistes. La question est de savoir les distinguer.

    2° Les documents qui reflètent la lutte de ligne
    dans le PCNU(m) sont nombreux et différents. Nous voyons ainsi
    s’exprimer de manière critique, en incarnant des positions chaque fois
    particulières, des dirigeants comme Gaurav, Kiran, Badal, Bassanta etc.
    Nous constatons à la lecture de ces document que pas un seul de ces
    dirigeants ne remet en cause la décision d’avoir suspendu la guerre
    populaire avec les Accord de Paix de 2006. Les débats portent la gestion
    de cette suspension et les conséquences de ces Accords, et plus
    crucialement sur le statut et l’avenir des combattants et des armes de
    l’Armée populaire.

    3° L’existence ou non d’une « fraction rouge » est
    une question qui ne peut être tranchée que sur base de la résolution de
    cette question politique fondamentale : quelle est la ligne de
    démarcation entre les concessions tactiques acceptables et la trahison
    des principes de la guerre populaire. Ce n’est que sur base de cette
    analyse que l’on pourra dire si telle ou telle fraction est une «
    fraction rouge » ou si elle n’est qu’une fraction révisionniste opposée à
    la ligne révisionniste hégémonique de Prachanda.

    4° Une suspension tactique de la guerre populaire
    ne nous parait pas automatiquement et fatalement une trahison. Même la
    guerre populaire en Chine a connu des trêves, dictées par des conditions
    particulières. Nous pouvons imaginer (sans rien en savoir exactement)
    par exemple que le rapport de forces (par exemple la certitude d’une
    intervention de l’armée indienne) justifiait cette suspension. Même
    l’intégration provisoire de l’APL dans l’Armée nationale pouvait se
    prévaloir du précédent de l’intégration de l’Armée rouge chinoise dans
    l’Armée nationale du 2e Front uni anti-japonais. En soi, les Accord de
    Paix de 2006 nous semblaient inquiétants, mais ils ne nous paraissaient
    pas contenir fatalement et obligatoirement la liquidation du projet
    révolutionnaire.

    5° Nous pouvons donc imaginer que des forces
    authentiquement révolutionnaires dans le PCN(m) aient accepté les
    Accords de Paix en sous-estimant le poids et l’influence du
    révisionnisme prachandiste dans le Parti. En ce sens, les Accords de
    Paix étaient une erreur non pas en raison d’une mauvaise analyse du
    rapport de forces entre le PCN(m) et le vieil Etat (et son allié
    indien), mais en raison d’une mauvaise analyse du rapport de force entre
    les courants révolutionnaires et révisionnistes dans le PCN(m).

    6° Ce qui, pour nous, est forcément une trahison
    des principes de la guerre populaire, c’est le désarmement des forces
    révolutionnaires, ou leur passage sous une autorité supérieure à celle
    du Parti communiste. Pour reprendre l’exemple historique, les troupes
    rouges intégrées à l’Armée nationale étaient restées sous la direction
    du Parti. A tout moment (et d’ailleurs c’est ce qui s’est produit, le
    Parti pouvait « commander aux fusils »). En outre, il n’avait jamais été
    question de désarmer les forces révolutionnaires. Voilà quelle est
    pour nous la « ligne de démarcation ».

    C’est ce que disait en novembre 2006 le camarade
    Azad, porte-parole du Comité Central du Parti Communiste de l'Inde
    (Maoïste), assassiné par les forces de la réaction en juillet 2010 :

    « L'ensemble des expériences de la révolution
    mondiale a démontré à maintes reprises que sans l'armée populaire il
    était impossible pour le peuple d'exercer le pouvoir. Rien n'est plus
    atroce pour l'impérialisme et les réactionnaires que les masses armées
    et c'est ainsi ils acceptent avec plaisir n'importe accord pour désarmer
    celles-ci. En fait, désarmer les masses a été le refrain constant de
    toutes les classes dominantes réactionnaires depuis l'émergence même
    d'une société divisée en classe. Les masses désarmées sont une proie
    facile pour les classes réactionnaires et les impérialistes qui vont
    jusqu'à effectuer des massacres, comme l'a montré l'histoire.


    Le Comité Central du PCI(Maoïste), en tant
    qu'un des détachements du prolétariat mondial, avertit le PCN(Maoïste)
    et le peuple du Népal devant le grave danger inhérent à l'accord de
    dépôt des armes et les appelle à reconsidérer leurs tactiques à la
    lumière des amères expériences historiques.


    L'accord entre les Maoïstes pour faire partie
    du gouvernement intérimaire ne peut pas transformer le caractère
    réactionnaire de la machine d'Etat qui sert les classes dominantes
    exploiteuses et les impérialistes. L'Etat peut être l'instrument dans
    les mains soit des classes exploiteuses soit du prolétariat mais il ne
    peut pas servir les intérêts des deux, ceux-ci s'affrontant
    complètement.


    C'est le principe de base fondamental du
    Marxisme qu'aucun changement de base du système social ne peut être
    amené sans destruction de la machine d'Etat. Des réformes d'en haut ne
    peuvent amener aucun changement qualitatif dans le système social
    exploiteur, quel que soit la manière dont on pourrait considérer comme
    démocratique la nouvelle Constitution, et même si les Maoïstes
    deviennent une composante importante du gouvernement.


    C'est une complète illusion que de penser qu'un nouveau Népal pourrait être construit sans détruire l'Etat existant.

    (…)

    Notre Comité Central affirme de manière
    cristalline au PCN(M) et au peuple en général qu'il ne peut pas y avoir
    de démocratie authentique dans aucun pays sans la prise du pouvoir
    d'Etat par le prolétariat, et que la soit disant démocratie multiparti
    ne peut amener aucun changement essentiel dans la vie du peuple.


    Il appelle les partis maoïstes et les peuples
    d'Asie du Sud à persister dans la voie de la guerre populaire prolongée
    comme montrée par le camarade Mao.


    Nous appelons également de nouveau le
    PCN(Maoïste) à reconsidérer ses tactiques présentes qui sont en fait en
    train de modifier le fondement même de la direction stratégique de la
    révolution au Népal, et à se retirer de leur accord avec leur
    gouvernement du Népal pour le dépôt des armes de l'APL vu que cela
    rendrait le peuple sans défense face aux attaques des réactionnaires.
    »



    7° Nous constatons que loin de « reconsidérer ses
    tactiques présentes qui sont en fait en train de modifier le fondement
    même de la direction stratégique de la révolution au Népal » le PCNU(m) a
    fait un nouveau pas en se dessaisissant des clés de ces dépôts d’armes.
    Les Accords de paix de 2006 prévoyaient certes l’intégration des forces
    révolutionnaires avec les effectifs du vieil état (sur base de 50/50)
    mais ils prévoyaient la préservation de ces forces et leur maintien sous
    l’autorité du Parti – et certainement pas un désarmement unilatéral. La
    dérive révisionniste au Népal s’exprime dans d’autres domaines
    (démantèlement d’organisations populaires, question des terres
    confisquées, etc.), mais parce qu’il rend impossible la relance de la
    guerre populaire, le désarmement de l’APL relève de la trahison pure et
    simple des principes du marxisme-léninisme-maoïsme, une trahison avec
    laquelle aucun accommodement n’est possible, que ce soit au nom de la «
    préservation de l’unité » ou pour n’importe quelle autre raison.



    Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste (Belgique), le 28 février 2012

    En voilà des bons !
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    Re: Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste (Belgique)

    Message par a.filetta le Lun 23 Avr - 11:44

    "Les expériences historiques de la lutte armée prolétarienne et populaire en Belgique" et "Perspectives urbaine - Notre travail dans les zones urbaines", document inédit en français du PCI(M), c'est dans Clarté Rouge N°1, Organe théorique du Centre MLM(B), ici : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
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    Re: Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste (Belgique)

    Message par a.filetta le Jeu 2 Aoû - 20:26

    Cher tous et toutes,
    Le nouveau numéro de Clarté Rouge est en ligne ici : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

    Cordialement.
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    Pedro
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    Re: Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste (Belgique)

    Message par Pedro le Jeu 2 Aoû - 21:19

    Intéressant, comme article !

    Mon point de vue est que chaque Etat, comme construction économique, politico-militaire et culturelle de la classe dominante, produit ses "périphéries", ses zones de relégation, et ce sont là les campagnes de la GPP universelle. En Belgique : typiquement le Borinage. En France : des dizaines et des dizaines de zones de ce type, où la relégation se double souvent d'une question nationale, ou en tout cas d'une culture populaire régionale à réaffirmer, car le "rouleau compresseur" idéologique et culturel de l'Etat français est extrêmement puissant (en Belgique, il y a 2 nations principales à peu près "égales", dont la confrontation est justement un instrument de la bourgeoisie contre le prolétariat... il s'agit donc, non pas de nier les nations - flamande et wallonne - qui sont une réalité objective, mais de mettre tactiquement cette question au second plan. En France, au contraire, souder le prolétariat à la bourgeoisie passe par l'affirmation à tout crin de la "nation française" qui n'est, en réalité, que l'affirmation culturelle et idéologique de la bourgeoisie qui a construit l'Etat (avec les "grands rois")... la France est en réalité le lager d'une dizaine de nations - sans compter les "indigènes métropolitains", les "colonies intérieures". Contre cela, affirmer l'Occitanie, la Bretagne, l'Euskal Herria, l'Alsace, ou la culture ch'ti ou normande etc., ou l'identité de descendant d'esclaves ou d'ancien-ne colonisé-e, en lien avec la relégation des territoires et des populations, est selon moi la tactique présente de la GPP dans la réalité concrète).
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    Re: Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste (Belgique)

    Message par Pedro le Ven 3 Aoû - 20:41

    Un passage qui rejoint ce que je dis au-dessus :

    4.4. La notion "d’éloignement"


    Lorsque l’on réfléchit à la notion d’éloignement dans le cadre de la stratégie maoïste, il faut avoir conscience qu’il s’agit d’une notion bien plus complexe qu’un simple étalonnage kilométrique. Une zone peut-être "plus éloignée" du centre du pouvoir qu’une autre même si, à vol d’oiseau, la première est plus proche du centre que la seconde.
    L’absence de présence de bonnes voies de communication, un relief escarpé, une végétation dense, etc. contribuent à "l’éloignement" davantage que la simple distance.

    Et encore ceci reste limité à la géographie, car des facteurs
    politico-sociaux contribuent aussi à l’éloignement. La présence de populations hostiles au régime, vivant dans la marge de son système, contrainte par la misère et l’’exclusion à l’auto-organisation, contribuent aussi à cet "éloignement".


    Ajoutons encore les progrès de l’armement : l’Air control est devenu un pilier de la contre-insurrection et le couple drone/missile s’affranchit de toute contrainte d’éloignement au sens étroit du terme.

    La notion "d’éloignement" est aussi liée aux capacités d’action de l’ennemi. Mao Zedong en a d’ailleurs fait l’expérience : en 1930, les bases rouges du Kiangsi [Jiangksi] étaient encore suffisamment "éloignées" du pouvoir du Kuomintang ; en 1934, elles ne l’étaient plus assez et il a fallu se résoudre à la longue Marche vers les régions reculée du Shaanxi.

    Le développement économique (maillage routier de plus en plus étroit, etc.) et le progrès technique (hélicoptères) ont un tel effet sur l’éloignement que, dans les pays développés, le seul "éloignement" qui vaille est celui qui procède de facteurs politico-sociaux.

    De ce point de vue, "plus éloignée" signifie en réalité "moins accessible" pour les tentacules du pouvoir, les quartiers pauvres de Molenbeek sont plus éloignés du centre du pouvoir que les lotissements chics de Waterloo, même si ils se situent à quelques stations de métro du Parlement, des ministères ou du siège du l’Union Européenne. De la même manière (pour que cela fasse image à nos camarades de France) que Maisons-Lafitte est plus "proches" du centre que les cités de Clichy-sous-Bois.


    4.5. Désintérêt politique et "éloignement"

    Les concentrations de populations pauvres, marginalisées ou aux bords de la marginalisation, d’origine immigrée, ont toujours été négligées par le pouvoir bourgeois. Ce ne sont que les élus locaux qui ont un intérêt (par conviction politique réformiste et/ou par calcul électoral) à l’un ou l’autre progrès en matière de logement, de communication, d’équipements collectifs, etc. Se développent alors dans ces zones des réseaux parallèles dans différents domaines (éducatifs, économique,
    etc.) étrangers au système, et parfois hors-la-loi (ainsi cette économie souterraine à base de trafic, de contrefaçons, etc.). De temps en temps une émeute ou un fait divers spectaculaire provoque des déclarations d’intentions d’amélioration des conditions de vie, mais le pourrissement redevient vite la règle.


    Ce désintérêt, proche de celui réservé dans le Tricontinent aux campagnes, est un puissant facteur "d’éloignement".

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    Re: Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste (Belgique)

    Message par Pedro le Lun 6 Aoû - 14:05

    Une autre réflexion qui m'est venue, ce que finalement d'un côté on a :
    - Inde,
    - Népal,
    - Philippines,
    - Turquie / Kurdistan,
    - Pérou (les groupes combattants, pas les "gardiens du temple" de Hambourg),
    tous qualifiés à des degrés divers de "révisionnistes", "centristes", "pragmatiques", "sur la mauvaise pente" etc.

    ET PUIS :
    - un groupuscule intellectuel parisien,
    - un groupuscule de cyber-énervés cantabres,
    - un cénacle intellectuel colombien aux thèses quasiment moréno-bordiguistes, pas méchants dans le fond mais totalement à côté de la plaque,
    - des cénacles intellectuels équatoriens (pas le plus pourris cependant),
    - un cénacle bangladais,
    - des "maoïstes arabes" sortis d'on-ne-sait-où,
    - un groupuscule qui veut encercler les villes par les campagnes... en Argentine (!),
    etc.

    En dernière analyse, on peut donc dire que le monde se divise en deux catégories : ceux qui font la Guerre populaire pour de vrai, et ceux qui se pignolent dessus.
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    Re: Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste (Belgique)

    Message par a.filetta le Jeu 6 Déc - 18:41

    Clarté Rouge N°3, Organe Théorique du Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste est ici : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

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