L’Afghanistan, antichambre du déclin des États-Unis

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    L’Afghanistan, antichambre du déclin des États-Unis

    Message par Resistance le Dim 2 Déc - 21:16

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    Avec le retrait des troupes combattantes d’Afghanistan, prévu pour la fin de l’année 2014, la Maison blanche commence à songer à la forme que prendra la présence militaire qui sera maintenue, officiellement sous couvert de missions d’instruction ou antiterroristes, dans ce pays ô combien stratégique. Les dernières indiscrétions de la presse étasunienne font état de plusieurs hypothèses allant du simple maintien d’unités spéciales représentant moins d’un millier d’hommes à un contingent beaucoup plus nombreux dont l’effectif avoisinerait les 10.000 militaires.

    Selon des sources émanant du Pentagone et reprises par le New York Times, une des options prévoirait ainsi le déploiement de petites unités antiterroristes focalisées sur la lutte contre des groupes al-qaidistes. Un plan qui impliquerait la présence d’à peine mille hommes… soutenus par les troupes de l’OTAN qui continueraient en parallèle leur mission d’assistance technique auprès des forces de sécurité afghanes.

    Le Wall Street Journal évoque quant à lui la possibilité de maintenir un important contingent de 10.000 militaires étasuniens appuyés par un nombre non moins important de soldats de différentes nationalités de l’OTAN. Cette dernière éventualité serait en cohérence avec les projets portés par le général John Allen, commandant des troupes de l’OTAN en Afghanistan.

    L’ISAF et le Pentagone tiennent malgré tout à souligner qu’ils n’en sont l’un et l’autre qu’au stade des conjectures. Interrogé sur la question, le porte-parole de l’ISAF, le général Guenter Katz, a qualifié de prématurées les indiscrétions de la presse sur les chiffres de la permanence militaire étrangère en Afghanistan après 2014. Sur une base identique, le général George Little a simplement réaffirmé l’intention du président Barack Obama de poursuivre le retrait des troupes à un rythme stable permettant la transition de la sécurité du pays aux forces nationales afghanes.

    La Maison blanche est à vrai dire toujours en attente des recommandations du général Allen, dont la nomination au poste de commandant suprême des forces alliées en Europe a été momentanément mise en suspens par l’affaire Petraeus. Selon des sources confidentielles, le général serait prêt à maintenir le gros des troupes (66.000 hommes) jusqu’à la fin de la prochaine saison traditionnellement propice aux combats, c’est-à-dire jusqu’à l’automne 2013. « Le terrain commande », disent les militaires. L’Oncle Sam devra en tenir compte sans pour autant négliger les demandes qui pourront être faites par le gouvernement de Kaboul. L’exemple irakien servira de leçon. À la fin 2011, les autorités de Bagdad avaient ainsi refusé de renouveler l’immunité devant les lois irakiennes des civils et militaires étasuniens, contraignant les États-Unis à rapatrier 50.000 d’entre eux.

    Un scénario qui pourrait très bien se répéter en Afghanistan, d’autant plus que le président afghan Hamid Kazaï préconise, du moins en paroles, le départ des étrangers du pays, espérant probablement obtenir en agissant ainsi une position consensuelle parmi une population exténuée par plus de dix ans de guerre ininterrompue. La dernière polémique relative à la tristement célèbre prison de Bagram (aussi nommée la Guantanamo d’Afghanistan) semble confirmer ces soupçons. Les autorités afghanes avaient fait du contrôle de cette prison une condition pour signer un accord de partenariat stratégique à long terme avec Washington. Or des détenus sont toujours écroués par les soldats de l’Oncle Sam, qui ont de surcroît capturé des insurgés présumés et ce, en violation de l'accord entre les deux pays, a accusé la présidence afghane.

    Une situation difficilement tenable pour les États-Unis, qui pourraient se voir contraints de céder la main au Pakistan, puissance régionale soutenant les insurgés tout en s’en défendant afin de pouvoir bénéficier d’un retour d’ascenseur si jamais ces derniers finissaient par prendre le dessus.

    Alliée d’Islamabad, la Chine regarde de très près la situation afghane. La preuve en est avec la récente visite à Kaboul, le 22 septembre dernier, de Zhou Yongkang, membre du comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois (PCC).

    On le voit, l’impérialisme étasunien se trouvera très rapidement confronté à des problèmes insolubles : une situation compliquée vis-à-vis du gouvernement fantoche d’Hamid Karzaï, qui, plus que jamais, joue sur les deux tableaux car il a très bien compris que les insurgés avaient militairement gagné la partie, une situation géopolitique qui ne joue pas en leur faveur, et, last but not least, une dette qui a atteint des sommes folles (16.000 milliards de dollars !). Selon le pendant étasunien de la Cour des comptes, les guerres d’Irak et d’Afghanistan auraient coûté à l’Oncle Sam entre 1.560 et 1.880 milliards. John Stiglitz, Prix Nobel d’économie, parle, lui, d’un total de 3.000 milliards.

    À présent, ce n'est pas le vent d'ouest qui l'emporte sur le vent d'est, mais c'est le vent d'est qui l'emporte sur le vent d'ouest. L’impérialisme a encore des capacités de nuisance, mais le tigre de papier vit incontestablement sur cette terre asiatique ses derniers feux.

    Capitaine Martin

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