Belgique : actualités, et plus si affinités

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    Pedro
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par Pedro le Mer 7 Déc - 20:41

    En fait, c'est le même principe que les gens qui s'habillent en chevaliers pour aller se battre à l'épée dans les bois. Si si, je vous assure, ils croient vraiment qu'ils sont des chevaliers... Ça s'appelle des no life.

    Sauf que là, au lieu de se prendre pour des chevaliers, ils se prennent pour des Lénines. Il faut bien remplir son vide existentiel de déclassé métropolitain occidental...

    Quand à toi, tu dois être l'un de ces révisos qui défendent la pseudo "fraction rouge" au Népal, non?
    Et bien, juste une question : je veux bien croire qu'il n'y ait pas de maoïstes en Libye, ou en Arabie saoudite, ou au Malawi... mais dans une région du monde où le maoïsme a une influence telle qu'en Asie du Sud, dans un pays comme le Népal, il y a forcément des maoïstes. Donc, ils sont où selon toi ? J'aimerais bien savoir...

    Nikolaï
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par Nikolaï le Mer 7 Déc - 20:57

    Eh ben bravo, toi et Erve, vous aviez raison !

    Parce que vu ses manières (débarquer sur le forum sans la moindre présentation et sortir des phrases empruntées du jargon sionnard pour chier sur tous les communistes qui militent pour de vrai, comme les camarades de fraction rouge ou du PTB), j'ai carrément cru que c'était un fasciste à peine déguisé...

    Comme quoi, il n'y a pas grande différence.

    Au goulag ! Au goulag ! :pirat:
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par erve le Mer 7 Déc - 21:31

    ouais, ça fout directement une mauvaise ambiance.
    C'est fou, parce que a priori, si j'avais pedro ou a.filleta en face de moi, je suis sûr que, si ils le voulaient bien (bien sûr), je pourrais avoir une discussion super intéressante, même si on est pas d'accord sur des priorités stratégiques, de politique, de tactique, etc. Alala, ce genre de comportement indique clairement que ce type n'a aucune relation sociale, en tout cas dans le cadre de son supposé travail politique :|


    Sinon, pour ceux que la BELGIQUE intéresse, je vous invite à apprécier la qualité com' vidéo du PTB vis-à-vis des dernières grandes actions sociales :
    --> [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
    --> [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

    -----> Aujourd'hui, 40 000 personnes contre la fermeture d'Arcelor Mittal dans le bassin industriel liégeois. Encore plus fort niveau com' ahahahha, j'adore : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
    --> sinon, un [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
    --> [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par a.filetta le Mer 7 Déc - 22:12

    Heu... Le type qui n'as aucune relation sociale, tu veux parler de Pedro, je suis sur!!? C'est vrai qu'à l'instar de Nikolaï, cette personne m'a tout l'air d’être passablement aigrie.
    Pour le reste, t'as raison pour une chose, suis un supporter de la glorieuse Union Saint-Gilloise!
    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par Joe le Mer 7 Déc - 22:43

    Vous voulez pas arrêter un peu ?


    _________☭_________
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par erve le Mer 7 Déc - 22:50

    Ouais, super intéressant, mec ...

    Sinon, tant que je regarde, je vous met également le [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], ça inspire pas mal.

    Un autre bon speech que je vous transmet, c'est le professeur de l'université de Liège, Robert Halleux, en 2007, c'était vraiment un bon speech : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

    Enfin, si cela vous intéresse autant que moi Smile , je vous invite à faire un tour sur [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

    Parcontre, je ne résiste pas à vous montrer la vidéo que Raoul avait tourné lors des dernières élections pour les 70 000 germanophones des cantons de l'Est : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par Dolorès Gustabez le Jeu 8 Déc - 7:57

    Nikolaï a écrit:1) Le fascisme en Angletterre, il vient (ou plutôt, il revient ; la dictature bourgeoise de Cromwell et sa politique raciste et impérialiste envers l'Irlande était une forme de fascisme. Mais rien ne t'empêche de l'appeler le Cromwellisme si tu veux Very Happy).
    Il vaut mieux, oui.
    Un dictature ne suffit pas à faire du fascisme. Dans le fascisme, il faut que la société soit encadrée et approuve le dictateur.
    Dans la plupart des dictatures, le dictateur se moque éperdument de l'opinion du peuple.

    2) Mais pourquoi tu me parles d' "Europe" puisque l'exploitation s'est mondialisée, internationalisée ? Tu compares l'Angleterre à quoi, la France ? C'est là que délocalisent les industries anglaises ? Non, c'est en Indonésie. Donc tu compares l'Angleterre à l'Indonésie, la situation de la classe ouvrière dans ces deux pays, et bingo, tu as ta réponse. clin d\\'oeil (allez, je te donne un indice : l'impérialisme)
    Bel anachronisme mettant dans le même sac un mouvement européen des années trente et une gestion des multinationales des années septante.
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par pottier le Jeu 8 Déc - 12:15

    Je n'ai pas la patience ni le courage de tout lire !😢

    Mais, c'est un "marronnier" de forum le fascisme : il conviendrait d'en faire un topique.

    Pour moi, qui prise fort la "non-vie"clin d\\'oeil j'estime que dans nos sociétés occidentales post-industrielles le contrôle social -informationnel notamment- rend caducs les fascismes tels qu'on les a connus au siècle dernier.
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par pottier le Jeu 8 Déc - 12:17

    Je m'aperçois que notre Grand Leader a eu cette excellente idée : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

    Longue vie à notre grand Leader !:lol:
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par Michel Come le Jeu 8 Déc - 15:36

    j'estime que dans nos sociétés occidentales post-industrielles le contrôle social -informationnel notamment- rend caducs les fascismes tels qu'on les a connus au siècle dernier.
    Arrête d'estimer, car ton estimation est caduque.
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par Michel Come le Jeu 8 Déc - 15:46

    Le facisme (du siècle dernier) est un réel danger AAActuel. L'incompétence des pompiers pyromanes qui gouvernent conduit inexorablement à l'émergenge d'un "ordre nouveau".
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par pottier le Jeu 8 Déc - 15:53

    Je voulais simplement dire qu'aujourd'hui, dans nos pays, l'enrôlement des esprits semble mieux se faire par ordinateur que par l'adhésion aux faisceaux...
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par Michel Come le Jeu 8 Déc - 15:57

    tu veux dire que la technologie a évolué ? D'accord.

    Mais , sur le fond, ça change quoi ?
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par Michel Come le Jeu 8 Déc - 17:15

    Quand je lis la presse quotidienne, j'ai le sentiment qu'on a brulé le Bunderstag. Non ?
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par pottier le Ven 9 Déc - 10:03

    Sur la finalité -maintien du capitalisme par des moyens extrêmes- cela ne change rien.

    Par contre, le conditionnement est plus subtil, « capillaire », multimodal et constant. Il flatte « l'individu » et les « communautés » pour mieux les nier.

    L'hymne à la différence couvre l'uniformisation par le Marché...

    C'est moins grossier que les sections d'assaut et le mythe de la race aryenne. A l’époque, une fois chez toi, tu pouvais dans une large mesure échapper au bourrage de crâne.

    Aujourd'hui, la propagande s'introduit chez toi et beaucoup de personnes participent volontairement à ce nouvel embrigadement et payent même pour subir cette « bonne parole ».

    Je n'écris pas ça pour évacuer la question. Au contraire, je trouve cette situation alarmante.

    Je ne suis pas marxiste-léniniste mais je crois avoir des convergences avec les personnes qui le sont.
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par erve le Sam 3 Mar - 11:49

    Il y a 15 ans, la lutte des forges de Clabecq. C'est un conflit social important en Belgique qui a été mené par une délégation de syndicalistes, disons, "anarcho-communiste" (terme à prendre avec des pincettes). Interview dans [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] de Roberto D'Orazio, le délégué principal à l'époque.

    Spoiler:
    Roberto D’Orazio :: « J'ai l'habitude de contester les scénarios. »
    Quinze ans après la fin de la lutte pour la survie des Forges de Clabecq, la figure de cette résistance revient sous les projecteurs. Si Roberto D’Orazio joue dans un film, il n’envisage cependant pas de quitter son travail d’électricien. Il nous a reçu chez lui pour parler du film. Et, surtout, de la lutte.


    Jo Cottenier et Jonathan Lefèvre


    Figure de la lutte des travailleurs des Forges de Clabecq, Roberto D’Orazio, aujourd’hui électricien, est à l’affiche du film Au cul du loup : « J’aime bien ce film car il y a une rupture par rapport à l’ordre établi. » (Photo Au cul du loup, Need production)
    « Il y a même des couleurs ! Et des grandes photos ! Avant, on ne voyait pas un cm2 de blanc tellement il y avait du texte ! » Lorsqu’on lui donne le dernier numéro de Solidaire, Roberto D’Orazio est agréablement surpris. Cet ancien syndicaliste a connu son heure de gloire au milieu des années 1990. Même s’il s’en serait bien passé. A l’époque, les Forges de Clabecq étaient menacées de fermeture. Après des années de lutte, les travailleurs obtenaient la victoire et le maintien de l’emploi. A la tête de la délégation syndicale, Roberto D’Orazio. Aujourd’hui, il est à l’affiche d’un film (Au cul du loup, voir encadré) qui traite du combat d’une jeune femme qui veut sortir de son quotidien en quittant de Charleroi pour aller vivre en Corse, où elle a hérité d’une maison.

    Roberto D’Orazio. J’aime bien ce film car il y a une rupture. Quand je dis ça aux journalistes, ils répondent : « Oui mais vous, monsieur D’Orazio, vous aimez bien les ruptures. » Et bien oui ! Mais regardez le film : cette fille bénéficie d’un héritage, qui finalement n’est pas un héritage de millionnaire, mais elle va quand même affronter les difficultés. En affrontant les difficultés, on grandit. Et moi, j’ai fait ça à Clabecq. Je les ai affrontées et j’ai grandi grâce à ça. Je ne suis pas devenu plus riche, au contraire. Comme cette fille ne va pas devenir plus riche avec cette maison-là. Mais il y a une rupture avec les choses préétablies par le système. Il y a des lignes conductrices importantes.

    Vous jouez le père de l’héroïne, Christina. Au début, vous êtes contre cette aventure, puis finalement vous l’aidez. Ce rôle, c’est vous ?

    Roberto D’Orazio.
    Oui, je le vois comme ça. Soyons réalistes : je suis de ces origines-là, pas de Corse mais presque, les Abruzzes, c’est le même. Tu sais que tes parents sont partis de la région parce qu’ils ne pouvaient pas y vivre, tu y crevais de faim. Penser que tu vas sauter de joie si tu apprends qu’un de tes enfants veut retourner là-bas, ce n’est pas crédible. Après, que les enfants ne sont plus des enfants, qu’ils ont le droit de rêver et qu’ils ont le droit d’attaquer les difficultés, ça te fait changer. Ce passage-là est magnifique. Au début, il y a une réalité économique qui te positionne, tu te dis : « Attends, qu’est-ce que tu vas aller foutre là-bas ? » Mais il faut savoir accepter que la jeunesse doive affronter ce type de difficultés. Peu importe comment ça tourne, elle en sortira grandie. Sinon, tu restes bien dans le moule, tu restes vivre à Charleroi pour te marier avec ce fils de propriétaire de pizzeria en espérant qu’il devienne propriétaire plus tard.

    Dans le film, il ya des scènes ou vous êtes silencieux. Cela ne devait pas être facile ?

    Roberto D’Orazio.
    Je parlais beaucoup sur le plateau, avec tout le monde. Mais bon, tu as un scénario, tu dois t’y tenir. Même si évidemment tu as envie de te mêler à toutes les discussions. Chaque fois qu’ils disent deux mots tu as envie de leur dire : « Ce n’est pas ça qu’il faut faire, mais ça… » (Rires)
    Le plus difficile était de suivre le scénario. Les acteurs ont l’habitude de suivre des scénarios. Moi, j’ai l’habitude de les contester ! A Clabecq, on avait du mal à suivre ce qui était écrit, on est des « libres-parleurs ».

    Même quand vous êtes acteur dans un film, votre boussole reste la lutte de Clabecq…

    Roberto D’Orazio.
    Un engagement comme celui-là, la façon dont on l’a vécu tous ensemble, ça te marque à vie. Plus le temps passe et plus tu te rends comptes que ce que nous avons fait est extraordinaire. Dommage qu’on ne puisse pas le refaire parce que ce serait encore mieux ! (Rires)

    Le réalisateur, Pierre Duculot, dit que la morale du film est : « Il y a une vie avant la mort. Echouer n’est pas grave, ne jamais essayer est grave. » Une morale qui vous convient ?

    Roberto D’Orazio.
    N’allons pas mettre là-derrière une plus grande réflexion qu’elle ne l’est en réalité. C’est une expérience en plus dans ma vie. Finalement, les gens diront : « Tiens, il n’y a pas qu’à Clabecq qu’il faisait du cinéma, il en fait aussi pour de bon. » C’est ce que tous les journalistes m’ont dit. Il y en a même un, après que je lui ai répondu « vous savez bien, les Italiens parlent beaucoup avec les mains », qui a dit « ah oui, monsieur Zenner s’en souvient ». J’ai fait semblant de ne pas l’entendre car ça devient ridicule. Dans le conflit de Clabecq, l’histoire de Zenner me fait chier (Voir encadré, NdlR). Je vais l’expliquer autrement. Je suis parti en Égypte il n’y a pas longtemps, en vacances (pas pendant le soulèvement populaire, sinon je me serais mêlé à ça). On était donc dans un berceau d’une culture importante. On est passé par les musées du Caire, Louxor, etc. Sur 15 jours, c’est énorme ce que tu vois ! Et dans un des voyages que l’on faisait en autocar, j’ai eu des problèmes digestifs. Un ami a fait ce voyage avec moi. Quand on reparle de ce voyage, il n’a retenu que mon problème digestif. Je trouve ça triste. Par rapport à ce que moi j’ai pu voir, c’est un peu comme l’événement Zenner dans le conflit de Clabecq. Il y a tellement eu de thèmes qui ont été abordés, des travailleurs qui essayaient de faire face à un système judiciaire dont ils n’avaient pas l’habitude et qui ont essayé de se faire conseiller, essayé de comprendre tout ça, les travailleurs qui n’acceptent pas le fatalisme, bref, des trucs extraordinaires. T’es comme en Égypte, devant la pyramide et tout ce que tu racontes, c’est que l’autre a eu une diarrhée dans l’autocar ! C’est ça l’histoire de Zenner, rien de plus.

    Cela a fait quinze ans, le 2 février, que 70 000 personnes descendaient dans les rues de Tubize pour la marche pour l’emploi. Avec le blocage de l’autoroute, cela restera comme l’épisode le plus marquant du conflit ?

    Roberto D’Orazio.
    J’espère que non. Au-delà du conflit concret, il y a beaucoup d’éléments intéressants durant la phase du procès. Politiquement et philosophiquement, le procès a permis d’analyser le système capitaliste et de comprendre le monde dans lequel on vit. Il y a beaucoup plus à retirer comme formation pédagogique. Bien sûr, l’affrontement de l’autoroute était extraordinaire. La marche aussi. Mais faire bouger les gens pour le procès était beaucoup plus difficile. C’était beaucoup plus engagé car c’était hors d’un intérêt pour le redémarrage de l’entreprise, hors d’un intérêt économique, c’était sur un enjeu politique et sur un intérêt de lutte de classes, fondamentalement. J’espère que les gens s’intéresseront plus à la partie « procès », même si ce procès n’aurait pas eu lieu si l’affrontement n’avait pas pris cette forme-là. Mais tous ces gens qui sont restés mobilisés aussi longtemps, qui ont compris l’énorme importance de ce procès, son enjeu, ça, c’est extraordinaire.

    Vous pensez donc que l’organisation de la marche était plus « facile » ?

    Roberto D’Orazio.
    Oui, car avec le type de syndicalisme que l’on avait à Clabecq, ce n’était pas un problème. Si on a su, d’une entreprise, lancer une marche nationale pour l’emploi, qui est devenue après la « marche multicolore », c’est dû au fait qu’une partie importante des militants et des délégués avait une vision politique précise. Sans cela, c’était impossible.
    On a battu sur son terrain le système économique et on l’a obligé à redémarrer l’entreprise, on a gagné. Cela a été possible grâce à la vision très déterminée sur des lignes de gauche bien précises. Cette volonté de changement de société et d’émancipation et de mettre dans ta réflexion ce qu’est fondamentalement la lutte de classe, ça peut être très efficace.
    Ce que je voudrais qui ressorte, c’est notre mot d’ordre « les richesses appartiennent à ceux qui les produisent ». Ce mot d’ordre s’est construit grâce à l’apport de militants de gauche venus nous soutenir.

    La question qui revient dans l’actualité est : reste-t-il une place pour la sidérurgie aujourd’hui en Belgique ?

    Roberto D’Orazio.
    Ça, c’est le système qui pose cette question comme ça. Pourquoi n’y aurait-il pas une place pour la sidérurgie ? On ne doit plus rien faire, nous, ici ? Il y a une place pour la sidérurgie, une place pour la chimie, il y a une place pour les maçons, les carreleurs, la construction… Mais le système dit « non, on n’a plus de place pour la sidérurgie ». Mais évidemment qu’il y a une place pour l’activité humaine et pour l’activité économique. Je dis toujours : « Tant que le grain ne va pas se transformer tout seul en tartine, on va devoir travailler ! » (Rires)
    Les syndicalistes qui affrontent le problème actuellement à ArcelorMittal doivent s’inspirer de ce que j’ai dit sur l’importance d’avoir une vision politique, de prendre en compte la lutte des classes, de se rendre compte de ce que sont les intérêts des uns et les intérêts des autres. Par les temps qui courent, les syndicalistes ont intérêts à se radicaliser.

    Lors d’un récent passage à la télévision, un journaliste vous a rappelé cette phrase : « S’il y a un parti qui n’a pas trahi les travailleurs, c’est le PTB. »

    Roberto D’Orazio.
    Je l’ai dit et je le redirai encore plus fort s’il le faut. Si je l’ai dit, c’est parce que je le croyais et je le crois toujours profondément. Je ne peux pas nier une réalité que j’ai eue devant les yeux. La participation du PTB a été très importante dans le conflit et encore plus après, durant le procès. Nier ça, ce serait nier ma propre personnalité.
    Avec le PTB, on a passé des heures a discuter. Je venais à peine d’apprendre à lire Bob et Bobette que les mecs du PTB me donnaient un manuel d’économie politique. Tu aurais vu le livre, il faisait plusieurs kilos. Il n’explique pas ça, le Larousse du système. (Rires)
    Marx a encore beaucoup de choses a nous faire découvrir à condition qu’on soit capable de le faire évoluer, qu’on soit capable d’en absorber l’essentiel.


    Qu’est-ce que cela vous fait de voir un Italien des Abruzzes à la tête du pays ?

    Roberto D’Orazio.
    Ça me fait que je suis obligé de reconnaître que tout le monde qui vient de là-bas ne peut pas être intelligent et qu’il y a au moins un crétin. (Rires)
    Mais la question se pose : ou lui est socialiste et moi je ne le suis pas ou moi je suis socialiste et lui ne l’est pas. Ce n’est pas ça du tout le socialisme !
    Il est devenu « Monseigneur » maintenant. Il n’était pas Empereur lui ? Bientôt il va épouser la reine. Dés qu’Albert est mort, c’est Di Rupo qui devient roi. Quelle belle carrière ! (Rires)
    Plus sérieusement, on est devant un plan antisocial comme on en n’avait plus vu depuis longtemps. Qu’est-ce qu’il est en train de faire là ? Ou bien tu travailles pour que les richesses produites dans ce pays appartiennent au peuple, aux gens qui les produisent, ou bien tu es à la solde du roi, des multinationales, des banques, comme il le montre jusqu’à présent.
    Cette situation est très inquiétante. Je pense que l’on a un chemin à prendre : le Parlement européen. Ce n’est pas normal que l’on n’ait aucun représentant pour dire ce qu’on a à dire. On voit qu’aujourd’hui, l’Europe impose à l’Italie, par exemple, un gouvernement de banquiers. C’est inacceptable ça ! Si ça ce n’est pas du fascisme et de la dictature déguisée, c’est que je n’ai rien compris. Il faut aller jeter un pavé dans la marre des institutions européennes. On doit être capable d’aller à ce niveau-là aussi. Quand on gueulait qu’il fallait une Europe sociale, il ne faut pas seulement le gueuler, il faut aussi l’obtenir. Où on va là ?

    Vous avez un nouveau projet artistique qui reprend la lutte de Clabecq ?

    Roberto D’Orazio.
    Lorent Wanson m’a proposé de discuter avec un écrivain italien, Celestino, pour faire quelque chose, en effet. J’espère que ça va se faire car ce que je veux maintenant, c’est transmettre. Pas faire un truc anecdotique de la lutte, mais prendre les éléments où je retrouve cette position de classe. Le système a travaillé à effacer les patrons, à parler du marché comme si on ne savait pas qui était derrière, à parler des multinationales comme quelque chose d’abstrait… Prenons le temps, et on verra qui est derrière et qui n’y est pas.



    La lutte de « ceux de Clabecq »

    Au procès des 13 syndicalistes de Clabecq (dont Roberto D’Orazio), accusés d’avoir « incité par des discours et des écrits à commettre des délits », des dizaines de militants de gauche se mobilisaient à chaque audience. En 2002, ils seront enfin acquittés. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

    Le 20 décembre 1996, la fermeture des Forges de Clabecq est annoncée. De nombreuses actions sont menées pour refuser la fermeture. Point culminant du conflit : la marche multicolore du 2 février 1997 qui rassemble à Tubize 70 000 personnes pour l’emploi. Au cours d’une de ces actions, des bulldozers repoussent une charge de la gendarmerie. Un autre incident où des coups sont donnés par un ouvrier de Clabecq au curateur de la faillite, Alain Zenner (avocat et politicien MR), est utilisé pour criminaliser ceux de Clabecq. Leur lutte permettra néanmoins, après 7 mois, la reprise des Forges par Duferco et le sauvetage d’un millier d’emploi.
    Les incidents survenus tout le long du procès donneront lieu à une saga judiciaire qui durera près de quatre ans. 13 syndicalistes de Clabecq (dont Roberto D’Orazio) seront renvoyés devant les juridictions correctionnelles essentiellement pour avoir « incité par des discours et des écrits à commettre des délits ». Une défense ferme et une mobilisation à toutes les audiences du procès permettront d’obtenir l’acquittement des délégués.



    Au cul du loup

    Christina, bientôt 30 ans, vit dans la région de Charleroi, avec Marco, son petit ami. A la mort de sa grand-mère, elle hérite d’une maison en Corse. Dans son entourage, personne ne semble savoir pourquoi la vieille dame possédait cette maison. Sa famille presse Christina de vendre son bien. Mais elle s’y refuse. Elle veut comprendre pourquoi sa grand-mère lui a laissé cet étrange legs. Elle voit aussi dans cet héritage une occasion unique de remettre en question sa vie monotone. Sur un coup de tête, elle part seule à la découverte de sa maison. Ce voyage va chambouler son existence. Et celle de ses proches...Roberto D’Orazio joue le père de Christina. Un rôle de composition puisqu’il reste… calme du début à la fin, à l’exception notable d’une scène où le personnage et l’homme se fondent en une seule et même enveloppe.

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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par Joe le Sam 3 Mar - 13:10

    Il faut choisir Spoiler dans le bouton "Autres".


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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par erve le Sam 3 Mar - 16:43

    Une interview de Peter Mertens, le président, sur la sortie de son dernier livre, qui fait un tabac.

    Spoiler:
    Interview de Peter Mertens :: Comment osent-ils?/Hoe durven ze? : deux langues, une même analyse
    Qui aurait cru que le livre de Peter Mertens, Hoe durven ze ? (Comment osent-ils ?), deviendrait en quelques semaines un best-seller en Flandre, suscitant une attention médiatique considérable ? Alors que L’Humanité Dimanche prépare une interview du président du PTB et que Peter Mertens donne des interviews radio aux Pays-Bas, la version française de son ouvrage sort ce 1er mars à la Foire du Livre de Bruxelles, et sera présentée par son auteur le 22 mars au Théâtre National.

    Thomas Blommaert


    Dès sa parution, à la fin du mois de décembre, les exemplaires de l’opus de Peter Mertens se vendaient comme des petits pains... Dans le Nord du pays, l’ouvrage se classe actuellement à la quatrième place du top 100 des meilleures ventes de livres toutes catégories.
    L’énorme succès de la soirée inaugurale de présentation du livre en néerlandais à Anvers le 18 décembre annonçait déjà cet impressionnant décollage. Lors de l’événement, c’est un Peter Mertens stupéfait qui recevait des louanges des diverses personnalités présentes. « Mais, confesse-t-il, j’étais presque gêné de tous ces compliments de la part de ces personnes pour qui j’ai tant de respect. » Le président du PTB n’était pas au bout de ses surprises : Hoe durven ze? De euro, de crisis en de grote hold-up (Comment osent-ils? L’euro, la crise et le grand hold-up) en est à sa sixième réédition, et plus de 10 000 exemplaires ont déjà été achetés. Un chiffre impressionnant pour le marché limité des publications dans la langue de Vondel.

    Peter Mertens. (Sourire.) Je ne m’attendais vraiment pas à un tel succès... C’est donc la preuve que les gens recherchent une explication cohérente de la crise, ce que les médias dominants n’apportent pas ou de manière très fragmentaire, abordant des éléments par-ci par-là. Ou alors, c’est en chœur avec les politiques qu’ils serinent le même refrain : tout le monde doit se serrer la ceinture. Mais les gens sentent bien qu’il y a quelque chose qui ne va pas. J’ai aussi écrit Comment osent-ils ? lorsque l’establishment belge dansait sur la musique allemande : une partie encense ce « modèle », celui de la pauvreté et du dumping salarial; une autre, avec le PS, participe au même ballet, mais en silence. Si, aujourd’hui, l’accueil de ce modèle est plus critique au Nord du pays, c’est aussi un peu grâce au livre. Le livre en tant qu’arme ? Certainement, toute résistance commence par l’information. Se poser des questions sur ce qui se passe est le premier signe de la révolte. Et ce livre veut y contribuer.
    Et, évidemment, je traite de la Grèce. Lorsque j’ai entamé la rédaction de cet ouvrage, ce pays n’était pas encore au devant de la scène médiatique. Ce qui est pourtant étrange : 2011 a été une année dramatique, qui a vu pas moins de 18 grèves générales et durant laquelle la résistance s’est très fortement manifestée. Comment osent-ils ? est le premier livre qui développe largement la situation grecque. J’y consacre tout un chapitre, que le site d’information alternative DeWereldMorgen.be a mis intégralement sur son site : il a été lu 40 000 fois, aux Pays-Bas également. Certaines personnes m’ont spontanément proposé de le traduire en anglais. Une dame grecque habitant en Hollande m’a signalé qu’elle voulait diffuser au moins le chapitre sur la Grèce dans son pays.

    Comment-osent-ils ? n’est pas une traduction à 100 % de l’original en néerlandais. Il a par endroits été adapté. Comment osent-ils ? est-il donc un livre flamand ?

    Peter Mertens. Evidemment non. Je suis le président d’un parti national, nous n’avons pas d’aile flamande, wallonne ou bruxelloise. J’aime ma langue, mais mon livre ne s’arrête pas à la frontière linguistique. Dans la version néerlandaise, je fais d’ailleurs pas mal de références à la Belgique francophone. Et je traite bien sûr de l’Allemagne, de la Grèce et de toute l’Europe.

    C’est donc un livre européen ?

    Peter Mertens.
    C’est un livre sur un système qui est dans une totale impasse et sur la crise économique et celle de l’euro, indissociablement imbriquées. Il ne s’agit pas d’une question belgo-belge, même pas européenne, mais mondiale.

    Pourquoi ces adaptations dans la version française ?

    Peter Mertens.
    Dans une traduction littérale, un certain nombre d’exemples et d’anecdotes auraient exigé de trop longues explications, le pays étant déjà divisé au plan des médias autant qu’au plan politique. Dans le premier chapitre, par exemple, je mentionne ma participation à l’émission Interne Keuken où je suis invité pour parler des impôts de 0,00005 % des multinationales. Il est clair que la toute grande majorité des francophones ne connaissent pas cette émission de Radio 1, au contraire de Mise au Point où Marco Van Hees et Raoul Hedebouw sont régulièrement invités. C’est donc bien plus logique de les mentionner davantage dans la version française, et de privilégier des références francophones. Mais, en aucun cas, il ne s’agit de changements fondamentaux.
    Les chapitres sur l’idéologie et le nationalisme ont dû être assez bien adaptés. En néerlandais, j’évoque Theodore Dalrymple, un des idéologues de droite qui inspire De Wever. En français, j’analyse Sarkozy. Le chapitre en néerlandais sur le nationalisme est écrit sur mesure pour les gens réceptifs au message de la N-VA. En Wallonie, la situation est tout autre. Le PS y est toujours le plus grand parti, et il pratique le grand écart. D’un côté, il est au pouvoir depuis vingt ans, vend dans la pratique toutes les réformes néolibérales et embrasse en outre un nouveau régionalisme wallon qui n’est pas sans dangers. De l’autre côté, il existe un PS qui tient un langage de gauche et a toujours un lien relativement important avec la FGTB.
    Alors que je parcourais déjà la Flandre pour présenter mon livre en néerlandais, David Pestieau, le rédacteur en chef de Solidaire et chef du service d’études du PTB, travaillait d’arrache-pied à ces adaptations. C’est totalement justifié que son nom figure sur la couverture. Je dois aussi remercier et féliciter d’autres personnes, dont celles des éditions Aden et celles qui ont traduit le livre : ce n’est pas une sinécure de traduire et adapter un tel livre en deux mois ! Mon style d’écriture a causé des insomnies aux traducteurs. Ils ont mouillé leur chemise et, pour eux, c’était aussi un engagement.

    Votre style en néerlandais a récolté pas mal de compliments. Le retrouvez-vous dans la version française ?

    Peter Mertens.
    Je pense que oui. Même si c’est quelque peu étrange de retrouver sa prose dans une autre langue. Mais, en tout cas, je suis très heureux de la qualité de la traduction. La version française de mon livre précédent, Priorités de gauche, reflétait un peu moins mon style et mon rythme.

    Vous allez tout prochainement présenter l’édition française au Théâtre National, à Bruxelles. Qu’attendez-vous de cet événement ?

    Peter Mertens.
    L’objectif que j’espère atteindre est le même qu’en Flandre : que l’ouvrage décolle en flèche. Et que la soirée, avec discussions et intermèdes culturels, soit enthousiasmante. Quant au lieu, le Théâtre National, il est simplement fantastique.

    La traduction française ouvre des portes vers un lectorat bien plus étendu...

    Peter Mertens.
    Oui. Cependant, en Flandre, il n’existe qu’un seul autre livre sur le sujet : De val van de euro (la chute de l’euro) du rédacteur en chef de l’hebdomadaire Trends Johan Van Overtveldt, un livre qui part d’un tout autre point de vue de classes. Dans le monde francophone, la concurrence est bien plus importante. Il existe quantité de livres sur la crise et la crise européenne. Mais, à ma connaissance il n’y a pas encore de livre qui part du point de vue de l’Europe d’en bas, qui n’éclaire pas seulement les faits et gestes de la Deutsche Bank, de BNP Paribas, de la Commission européenne, des autres institutions européennes, mais évoque aussi la situation, entre autres, d’Angela, nettoyeuse en Allemagne, ou d’un petit tenancier de café en Grèce.

    « J’aimerais chaque semaine pouvoir mettre à jour tous les chapitres de mon livre », avez-vous récemment confié. Si vous en aviez la possibilité, qu’ajouteriez-vous ?

    Peter Mertens.
    Dans le livre, j’évoque la catastrophe humanitaire en Grèce. Mais, désormais, sous le chantage de nouveaux prêts – qui servent uniquement à payer les intérêts des banques –, la situation empire encore: le salaire minimum diminue une énième fois pour atteindre 450 euros, et les pensions sont à nouveau rabotées de 5 à 10 %. Ce que commet l’Europe est un scandale incroyable ! Et on lit dans un éditorial d’un quotidien financier belge que la Grèce n’a pas d’autre choix que de renoncer à la démocratie et de remettre son économie dans les mains de l’Allemagne. Nous ne sommes plus très loin d’une « Neue Europa » qui engloutit le peu qui reste de la souveraineté démocratique. C’est le thème de mon dernier chapitre, où je décris comment Mario Monti, le golden boy de Goldman Sachs, applique cette recette en Italie. Mais qu’est-ce alors que la démocratie ? Et comment se fait-il que tout un peuple soit sacrifié sur l’autel du profit maximal ? C’est tout le débat actuel, et cela le restera encore dans les prochaines années.

    Entre-temps Comment osent-ils ? effectue en quelque sorte son Tour de Flandre. Est-il bien accueilli ?

    Peter Mertens.
    Heist-op-den-Berg, Geel, Willebroek, Saint-Nicolas, Bruxelles (à l’école Karl Marx de Comac, le mouvement de jeunes du PTB, NdlR), Malines... Je vois partout venir assister aux présentations le double du nombre de personnes attendues, en général une centaine. A Saint-Nicolas, il y avait même quelque 200 personnes, dans une salle paroissiale comble. J’ai le sentiment que beaucoup de progressistes attendaient un tel moment. Ces présentations informatives suscitent beaucoup de questions et discussions dans la salle. Et ce sont aussi des soirées où les gens se rencontrent.

    Ces présentations sont souvent organisées par des syndicats et des organisations de terrain. La semaine dernière, l’hebdomadaire Knack écrivait : « Le titre du livre exprime parfaitement ce que pense la base des syndicats. » Et : « Pour cette base syndicale croissante, Peter Mertens est désormais un politicien qui fait autorité. »

    Peter Mertens.
    C’est une chose que j’ai simplement ressentie. A Heist-op-den-Berg, par exemple, j’étais fortement grippé, et c’était difficile de m’y mettre. Mais je suis devenu euphorique quand j’ai vu que la quasi-totalité de la délégation syndicale de Van Hool, tant de la CSC que la FGTB, était présente. Même chose à Geel, avec DAF. A la réception de Nouvel-An à Anvers, par exemple, un docker à la taille impressionnante est venu vers moi, suite à sa lecture d’une interview dans P-magazine (un magazine people très populaire en Flandre). Avec une poignée de main plus que vigoureuse, il m’a lancé : « Allez mon gars, tu fais du bon boulot. Et te laisse pas faire, hein ! » Ces réactions font chaud au cœur. J’ai reçu tant de commentaires et de témoignages de soutien qu’à un certain moment je ne parvenais plus à suivre. Heureusement, depuis cette semaine, j’ai un collaborateur, Ivo Flachet, qui me donne un coup de main. Ainsi nous pourrons répondre à tout le monde, c’est bien la moindre des choses.

    Avec cette tournée, votre agenda est plein à craquer. Cette semaine, par exemple, vous présentez chaque soir votre livre dans un endroit différent, sans compter une interview en radio. Vous tenez le coup ?

    Peter Mertens.
    Je suis poussé par l’adrénaline, et mon énergie est nourrie par ceux au nom de qui je peux parler. Notre parti est dans une phase d’accélération, il y a une place à prendre à gauche de la social-démocratie. Les gens en ont assez de la pensée unique. Le PTB est en croissance. Lors de la dernière grève générale, des centaines de gens sont devenus membres. C’est le moment de passer à la vitesse supérieure. Et il n’y a pas que l’effet du livre. Knack a qualifié notre service d’études – sous la direction de David Pestieau – de « plus assidu du pays » ; notre porte-parole Raoul Hedebouw a l’an passé été primé comme meilleur espoir de la communication politique côté francophone ; Tom De Meester est reconnu comme spécialiste de l’énergie, et Marco Van Hees comme expert fiscal. Nous avons une large palette de thèmes et de personnalités qui font connaître le PTB.
    Quant à l’attention médiatique, je n’ai pas à me plaindre. Cela a commencé par une interview de trois pages dans le Standaard. Après, j’ai été interviewé avec Dimitri Verhulst à De Zevende Dag (émission télévisée d’actualité politique de la VRT), ce qui a suscité beaucoup de réactions. A partir de là, tout s’est accéléré et tous les journaux ont traité de mon livre. L’écrivain néerlandophone Jeroen Olyslaegers m’a récemment envoyé un mail : « Vous êtes devenu une voix qui compte dans le débat en Flandre. » Un contre-courant dans des thèmes comme la fiscalité, les banques, l’Allemagne et la Grèce est nécessaire et important dans le débat démocratique. Lorsque, la semaine dernière, Terzake (émission télévisée de débats de la VRT) m’a interviewé en même temps que le professeur d’économie de l’université de Gand Koen Schoors, l’émission s’est ouverte par un petit film sur un village espagnol qui a rejeté le capitalisme. Cela confirme bien qu’il existe une autre voix en Europe. Qu’il s’agisse d’un village espagnol ou de la résistance en Grèce. En Belgique, c’est le PTB qui exprime cette voix.
    Côté francophone, Le Soir a tout récemment titré une page sur le livre par « Un best-seller aux idées marxistes ».

    Vous dites que c’est le moment de passer à la vitesse supérieure. Le PTB est-il prêt pour cela ? Ne souffre-t-il pas d’une maladie de croissance ?

    Peter Mertens.
    Nous sommes très conscients de notre « problème positif ». Partout, des gens prennent une carte de membre du PTB et veulent poursuivre la construction de ce parti afin que celui-ci soit une structure solide – et pas un parti où affluent les opportunistes qui partent tout aussi vite quand le vent tourne. Nous ne considérons pas les gens comme un bétail d’électeurs, mais comme une force de changement dans la société. Le PTB est là pour organiser cette force mais, à cet effet, il faut développer des groupes de base forts, ce qui demande beaucoup de travail. Nous cherchons encore pas mal de responsables pour ces groupes de base, pour lesquels nous avons mis au point des formations. Mais ne vous en faites pas : nous y travaillons.


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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par erve le Jeu 29 Mar - 21:23

    Je voulais juste montrer un exemple de comment la presse peut écrire des papiers fantaisistes sur nous, que les trotskistes ou autres gauchistes reprennent après pour montrer qu'on n'est plus révolutionnaires.

    L'article-exemple :
    Spoiler:
    Mertens: "le PTB est prêt aux concessions pour gouverner"
    jeudi 29 mars 2012 à 17h40
    (Belga) Le PTB est prêt aux concessions pour gouverner, affirme son président, Peter Mertens, dans un entretien accordé au Vif. Il envisage "un score de 5-8%" aux législatives de 2014, tout en misant sur le long terme.


    Mertens: "le PTB est prêt aux concessions pour gouverner"
    Interrogé sur le renouveau du parti d'extrême-gauche, M. Mertens indique que le PTB a enregistré 800 nouveaux affiliés depuis le début de l'année, pour un total de 5.000 membres, recrutés notamment dans les rangs syndicaux. Le PTB a par contre "perdu son aile la plus radicale", dit-il. "Un tiers du bureau du parti s'en est allé. C'est bien. Nous avons pu clôturer ce débat stérile avec des gens qui trouvent que ce n'est jamais assez, qui croient détenir 'la' vérité". M. Mertens en appelle à "une révolution des idées", plutôt qu'à une véritable insurrection. Quand il évoque ce sujet, le candidat français Jean-Luc "Mélenchon en appelle à une tradition révolutionnaire française que nous ne connaissons pas ici". Le président du PTB juge "gérable" d'obtenir 5% à 8% des voix en 2014. Mais le PTB ne veut pas "attirer les électeurs pour qu'ils quittent le navire", dit-il, en notant que construire prend du temps". S'il accuse le PS de faire "le grand écart permanent", M. Mertens se dit prêt aux concessions pour gouverner. Toutefois, "on ne pourrait envisager d'entrer dans une coalition que si elle allait à l'affrontement avec la Commission européenne", insiste-t-il. (MUA)

    Source: Belga

    Le communiqué de presse du PTB en réponse :
    Spoiler:
    « Le PTB prêt à des concessions pour gouverner » : un poisson d'avril avant l'heure de Belga?
    Peter Mertens, président du PTB, tient à réagir à la dépêche Belga selon laquelle le PTB (Parti du Travail de Belgique) aspirerait à une participation au gouvernement.

    Service de presse PTB

    « C'est sans fondement. Le PTB est un parti d'opposition sociale. Ce qui signifie que nous voulons être en mesure de mener une opposition de gauche au Parlement. La question d'une participation gouvernementale ne se pose absolument pas » précise Peter Mertens.
    Le président du parti de gauche poursuit : « En plus du fait que la question ne se pose pas, il est exclu que le PTB siège dans un gouvernement qui exécute les diktats de l'Union européenne ».
    « Nos objectifs sont clairs : nous voulons percer aux prochaines élections communales d'octobre 2012 à Anvers, à Liège et à Bruxelles. La dépêche Belga ne peut être qu'un poisson d'avril lancé un peu trop rapidement » conclut ironiquement Peter Mertens.
    Service de presse du PTB
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par erve le Dim 13 Mai - 14:35

    Juste quelques nouvelles :

    D'abord, vite fait, un sondage qui vient de sortir (12/05) donne 3,4% au PTB en Wallonie (doublement des voix des élections de juin 2010) et 2,5% (+0,9%) à Bruxelles. Pour les grandes tendances, le schéma reste le même : PS perd un peu au profit des libéraux (MR) et les ex-catholiques (CDH) se dispute la 3e place avec les Ecolo. Petit agacement : l'extrême droite reprend des points (5,9 et 2,7%) grâce à son nom (FN), alors que MLP a obtenu en justice en janvier dernier que ce parti ne porte plus ce nom !
    En Flandre, c'est plus chiant, les séparatistes ont la majorité (NVA à 38,6 et VB à 12%) et le PVDA (ptb en néerlandais) recule légèrement à 2,2% (contre 2,9 en février mais c'est toujours plus que les 1,35% de 2010).


    Autre chose, un déblocage dont vous apprécierez l'aspect historique : la fédé liégeoise du vieux PC se présentera sur les listes du ptb aux élections communales d'octobre prochain.
    Cela concerne les trois gros centres où nous comptons faire un carton (Herstal, Seraing et Liège-ville, soi un bassin ouvrier de 300 000 habitants, 800 000 si on compte l'arrondissement en entier).

    Ce n'est pas une tendance générale : les trois autres fédérations (Bxl, Hainaut et le Centre) n'ont pas pris de décisions en ce sens. Certains le feront peut-être, d'autres pas. Sans s'étaler, le PC "Wallonie-Bruxelles" est un parti qui connaît des sensibilités très différentes et dont les positions politiques entre les différentes fédérations semblent très ... disparates.
    Rappelons que le KP flamand (qui n'est plus qu'une association culturelle) appelle à voter ptb depuis plusieurs années déjà.

    Spoiler:
    Liège: "Présence de candidats PC sur les listes PTB+"
    "Face à la crise, la résistance".

    La crise bancaire de 2008 a fortement ébranlé les Etats européens, les plongeant dans un énorme marasme financier. Ceux-ci se sont en effet sérieusement endettés afin de sauver les banques. Et, désormais, partout en Europe, c'est aux populations que les Etats imposent de débourser l'argent nécessaire au remboursement de leur gigantesque dette. Nous refusons d'obéir aux dictats du monde financier et de la troïka (commission européenne-BCE-FMI).

    Nous ne payerons pas leur crise

    Nous refusons d'accepter que 99% des populations d'Europe payent pour une crise qui n'est pas la leur alors que des alternatives existent. En Belgique, depuis la formation du gouvernement Di Rupo, les attaques contre le monde du travail se sont amplifiées : santé, services publics, retraites, chômage, ... De plus, en s'en prenant au pouvoir d'achat des travailleurs, cette crise ne peut que s’approfondir.

    En route vers les élections communales

    Cette crise aura également des répercussions dans nos communes. Les élections communales et provinciales du 14 octobre vous offrent une occasion de dire que vous voulez du changement ! Consciente de la gravité de la situation, la Fédération liégeoise du Parti communiste a décidé de d'unir ses forces à celles du PTB et d'ainsi dépasser les divergences (historiques et idéologiques) qui les séparent. C'est pourquoi la Fédération liégeoise du PC et le PTB province de Liège se présenteront ensemble sous la liste PTB+ aux élections communales et provinciales.

    Le monde du travail désire une véritable alternative de gauche, combative et décomplexée, de femmes et d'hommes qui vous défendront réellement et qui savent qu'une autre politique est possible.

    Vu l'analyse politique ci-dessus, la Fédération liégeoise du PC décide que :

    Considérant le besoin d'offrir une alternative de gauche crédible aux travailleurs de la région liégeoise dans cette période de crise où les partis traditionnels veulent faire porter le fardeau à ces mêmes travailleurs ;

    Considérant que pour les élections communales 2012 à Liège ville, le PTB, au vu de ses résultats électoraux en 2010 a une chance réelle d'obtenir un élu ;

    Considérant que l'éparpillement des voix à la gauche des partis traditionnels serait dommageable pour l'obtention de cet élu par la liste PTB+ ;

    Considérant que cela signifierait le retour d'un élu gauche de gauche au conseil communal de Liège-ville alors que ce n'est plus le cas depuis 24 ans ;

    Considérant que nous voulions répondre à un appel d'unité des deux partis de la part des membres et sympathisants de notre parti ;

    Considérant que notre satisfaction de la collaboration entre le PTB et le PC sur différents événements de la vie politique liégeoise ;

    La Fédération liégeoise du Parti communiste décide de présenter des candidats étiquetés "PC" sur les listes du PTB+, et ce, tant aux communales pour les communes de Herstal, Liège et Seraing que pour tous les districts provinciaux. Elle appelle également l'ensemble de ces électeurs à exprimer un vote d'adhésion lors du scrutin électoral à venir. Un bon score des communistes aux prochaines élections sera une aide indispensable à l'établissement d'un rapport de force dans les luttes à venir.

    Déclaration de la Fédération liégeoise du Parti communiste
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par Joe le Lun 14 Mai - 21:02

    Faut qu'on vous envoie Mélenchon faire un meeting. Very Happy
    Bonne chose que les communistes historiques vous rejoignent. Je me suis souvent demandé à quoi ils pouvaient encore servir.


    _________☭_________
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par a.filetta le Mar 15 Mai - 7:58

    Joe a écrit:Faut qu'on vous envoie Mélenchon faire un meeting. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
    Bonne chose que les communistes historiques vous rejoignent. Je me suis souvent demandé à quoi ils pouvaient encore servir.

    Pas nécessaire, "ils" ont déjà Raoul Hedebouw! [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Sais pas pourquoi chez les Hedebouw je préférais le papa, ex-militant du PCMLB [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] .

    Quant aux "communistes historique", cela fait effectivement longtemps qu'ils ne servent plus à rien. Aujourd'hui ils sont même devenus des anti-communistes rabiques, voir par exemple le contenu du dernier ouvrage de José Gotovich, ex prof d'histoire contemporaine à l'ULB et responsable CEGES (Centre d'études et de documentation Guerre et sociétés contemporaines). "Du communisme et des communismes en Belgique - Approches critiques", publié chez "Aden" (maison d'édition pour le moins proche de PTB) n'est ni plus ni moins qu'une oeuvre de démolition systématique de l'histoire du mouvement communiste en Belgique. A tel point que lors de la présentation au public, le plus réviso des révisos, Louis Van Geyt, ancien président du PCB a surgi d'outre tombe pour déclarer: "tout n'était quand-même pas si mauvais que ça!"
    Assurément, PTB fait une bonne affaire en fédérant les ancien du PCB. Mais PTB aussi, comme l'avais fait le PC dans les années 60, est en train de liquider tout ce qui a trait l'identité communiste et prolétarienne.
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par erve le Mar 15 Mai - 9:26

    Ce serait sympa que a.filleta, soit, mette de l'eau dans son vin, comme le fait par exemple leur librairie Aurora (St-Gilles) dont la moitié de la vitrine contient des livres d'Aden et où trône le livre de Peter Mertens, soit s'occupe de ses affaires (alimente le post qu'il a créé sur le CMLMB).
    Surtout s'il ne maîtrise pas le sujet :
    - Gotovitch n'est plus au pc depuis au moins 20 ans. Lors de l'anniversaire du 90e anniversaire du pc, celui-ci l'avait invité (parce que c'est le spécialiste universitaire sur le pcb) et avait été complètement dégoûté de son exposé (qui repose sur beaucoup d'anticommunisme, même si le gars est intéressant).
    - sont concernés ici le PC de la province de Liège. Les autres centres fédé sont soit pas d'accord, soit pas prononcés. D'autre part, il est amusant de lire a.filleta parler de ce parti comme mort alors qu'ils sont toujours bien visibles que sa "tendance" (ni un parti, ni un groupe).

    Et pitié, arrête de terminer chacun de tes post par une phrase-type genre "est en train de liquider tout ce qui a trait l'identité communiste et prolétarienne", c'est tellement répétitif et ridicule que je ne sais pas si quelqu'un y accorde de l'intérêt.
    C'est fou parce qu'on pourrait savoir se parler. Perso, je trouve ça encore intéressant les articles sur le PCMLB ou leurs analyses historiques.
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par erve le Jeu 6 Sep - 9:50

    Baromètre politique en Belgique de la rentrée, à 37 jours des élections communales du 14 octobre 2012.

    Le sondage trimestriel LLB-RTBF vient de sortir (06/09) :
    - 4,2% au PTB en Wallonie (doublement des voix des élections de juin 2010, +0,8% depuis le dernier sondage en mai)
    - 1,6% (=) à Bruxelles. C'est une petite baisse vis-à-vis du dernier sondage.
    - En Flandre, 2,7% (contre 1,35% aux élections de 2010 et 2,2% en mai).

    Pour les grandes tendances, peu de choses changent : PS reste stable largement en tête en Wallonie (31%) tandis que les libéraux (MR) reprennent la première place à Bxl (23% contre 22%), malgré leur scission avec un groupe que je qualifierai de "pro-Bruxelles/anti-flamand" (FDF, 11% dans la capitale, 1% en W). Les ex-catholiques (CDH) se dispute la 3e place avec les Ecolo. Même inquiétude qu'en mai : l'extrême droite continue à reprendre des points (6,7 et 2,7%) grâce à son nom (FN), alors que MLP a obtenu en justice en janvier dernier que ce parti ne porte plus ce nom ! Sans doute boosté par l'affaire Michelle Martin.
    En Flandre, c'est toujours difficile : les séparatistes de la NVA continue à bouffer les fascistes du VB (10%) et les chrétiens du CD&V (13%) et monte à 40%. Il faut s'attendre à ce qu'ils prennent plusieurs maïorats (maries), dont celle de la grande ville d'Anvers ... Ni les socialistes (13%), ni les verts (7,5%) n'arrivent à les freiner.


    Côté gauche de gauche, en prévision des élections communales d'octobre,
    - côté ptb-pvda, le parti se présente dans au moins [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien](1) et espère faire progresser son nombre d'élus locaux (15). Le challenge est de percer dans les grandes villes : Liège, Anvers et Bruxelles (une de ses communes : Molenbeek). Ce sont des objectifs tout à fait accessible, nous pouvons nous attendre à faire plus ... Je ne m'étend pas plus, je vous fait juste part d'un [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] Et aussi le programme liégeois (plus ou moins le même ailleurs, avec d'autres priorités) : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
    Pour rappel, le PC se présente sur les listes ptb+ dans toute la province de Liège, mais aussi dans le village de Thuin (Hainaut). A Bruxelles, pas d'accords, mais un entendement : une seule liste gauche de gauche par commune (PC et LCR ne se présentent pas dans les communes où nous nous présentons, et réciproquement). Dans la réalité, ça signifie simplement que ces 2 orga ne se présentent pas du tout, trop faible.

    - Côté mencheviks.
    Le reste du PC du Hainaut s'est engagé dans une impasse. En se présentant sous le nom de "Front de gauche", 2 des derniers conseillers communaux PC (La Louvière et Courcelles) sont sortis des listes d'alliance (Ecolo et UCPW) grâce auxquelles ils avaient été élu. A La Louvière (une commune avec un élu ptb), il semble peu probable que le PC conserve son élu (ne dépasse plus les 2% depuis 2006 et présente une liste avec seulement 16 candidats, quand nous en présentons une à 41 dans la même ville). A Courcelles, le scénario risque fort d'être le même. A Charleroi, c'est plus cocasse : le PC local est tellement divisé que la majorité d'entre eux ont décidé de faire une liste FdG avec les trotskistes du PSL contre leur conseillère communale, celle-ci ayant décidé de rester sur les listes PS (!).
    Ce sont donc 12 communes où se présenteront trotskistes et menchéviks (souvent contre ptb) sous la forme d'alliance de type "mélenchon" : Rood en Flandre, Gauches communes à Bruxelles, Front de gauche dans le Hainaut et Véga (Verts à gauche) à Liège. C'est bien moindre qu'en 2010 (Front des gauches, alliance de 6 formations), où ils ne réunissent plus que 3 formations dans le meilleur des cas. A noter qu'aucune de ses listes n'est repris dans les sondages ...
    Pour moi, ces élections vont voir la disparition des derniers conseillers communaux du PC. Ceux-ci vont être réduit à la même marginalité que les trotskistes, qui les tirent vers le bas. Ils seront alors plus bas que terre et 2 options se profileront pour eux : s'allier au ptb ou se tourner vers le leader dissident Ecolo (Wesphael) qui a la bénédiction du PG français pour former son homonyme en Wallonie (avec option séparatiste). Celui-ci est encore trop faible pour se présenter en octobre, mais se prépare pour la grande bataille des législatives de 2014 où il comptera prendre un siège de député. Ce qui pourrait bien arriver également au ptb. L'issu de ce scrutin tournera certainement la page de la période de rivalité traditionnelle qu'on connaît entre les petites formations communistes en Belgique depuis la chute du Mur de Berlin. :-)


    (1) Il y a plus de 500 communes en Belgique. Bcp de villages, mais toutes les grandes villes et la plupart des banlieues ouvrières sont dans les 42 communes avec liste ptb. Sinon, on vote également pour les provinciales (un peu comme les cantonales), et là le vote ptb est possible partout en Belgique. Ce qui n'est pas le cas pour les différentes listes menchéviks.
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    Re: Belgique : actualités, et plus si affinités

    Message par erve le Sam 20 Oct - 21:41

    Vous avez probablement déjà entendu parler du succès du ptb qui a dépassé toutes nos espérances : nous sommes passés de 15 à 52 élus (communaux, provinciaux et de districts), entre 2006 et 2012. Je ferai une meilleure synthèse, avec articles à l'appui, mais j'ai trouvé intéressant de mettre d'abord sur table quelques cartes pour que vous visualisez mieux les enjeux stratégiques et là où on a marqué (en attendant qu'un de nos infographiste fasse une belle carte du vote ptb).


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    Sur cette carte, vous pouvez voir les grands arrondissements de la Belgique : au centre, Bruxelles, Anvers au Nord, Liège à l'Est, Charleroi au Sud (et Gand au nord-ouest, où Zelzate se trouve à l'extrême point nord).
    Le Limbourg (où Genk et Lommel) est la province au nord-est, entre Bruxelles, Liège et Anvers. Mons est la petite tache rouge près de la frontière française et de Charleroi. La Louvière est entre les deux, mais elle ne se démarque pas sur la carte.
    Dans toutes les communes déjà mentionnées, nous obtenons des élus. Constatez où ils sont stratégiquement.


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    D'abord, le bassin industriel liégeois. Nous ne nous présentions pas partout mais les communes où nous avons eu des élus rassemble 320 000 personnes. Chiffres du vote ptb : Liège (6,4%, 2 élus, +2), Herstal (14%, 4 élus, +2), Seraing (14%, 5 élus, +4) et Flémalle (6%, 1 élu, +1). Tout un Croissant Fertile ! Nous obtenons 5% dans les communes de Saint-Nicolas et d'Anthisnes (qui n'est pas sur la carte, au sud de Neupré et à l'ouest de Comblain au Pont). On passe de 3 à 12 élus communaux, ainsi de 0 à 2 élus provinciaux.

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    A Anvers (=500 000 habitants), nous obtenus 8%, soit 4 élus (+4). Nous dépassons les libéraux et les verts (4e parti). La ville est divisée en 9 districts : nous obtenons 17 élus de districts, principalement dans nos bastions de Hoboken (n°3) et Deurne (n°5), ainsi qu'à Anvers-ville (n°1) et Borgehout (n°4).


    Je continuerai plus tard ...

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