Aubry, Hollande, même combat

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    Joe
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    Aubry, Hollande, même combat

    Message par Joe le Dim 16 Oct - 14:10

    Un article intéressant pour comprendre en quoi les deux candidats concurrents ne divergent pas fondamentalement.

    Un programme largement commun et des divergences souvent formelles




    Le Monde | 12.10.11 | 16h16 • Mis à jour le 16.10.11 | 11h48

    Martine Aubry, représentante d'une gauche "archaïque" contre François Hollande, social-démocrate "mou" ? A lire dans le détail leurs programmes et leurs déclarations, les deux finalistes de la primaire socialiste ne ressemblent pas à ces caricatures que dessinent leurs camps respectifs. Car ils sont d'accord sur l'essentiel.
    "Ils sont membres de la même famille socialiste et social-démocrate. Il y a un cadre intellectuel similaire, avec des nuances dans leurs positionnements et dans leurs propositions concrètes", assure Olivier Ferrand, président de la fondation Terra Nova, qui a mis en place un site Internet de comparaison entre les candidats, Debats2012.fr.



    Il y a surtout un programme commun. Mme Aubry et M. Hollande ont signé, comme tous les autres responsables socialistes, le projet du PS, avec ses principales orientations : banque publique d'investissement, euro-obligations, séparation des activités bancaires de dépôt et d'investissement, sécurité sociale professionnelle, modulation de l'impôt sur les sociétés en fonction de l'utilisation des bénéfices, etc.

    Retraite. Aucun des deux finalistes ne s'est éloigné de ce socle commun. Et, souvent, lorsqu'ils semblent s'opposer, comme sur l'âge de départ à la retraite, ils en restent proches. "Il faut pouvoir partir à taux plein à 60 ans si on a toute sa durée de cotisation", expliquait Mme Aubry lors du second débat d'avant le premier tour, le 28 septembre, tandis que M. Hollande renchérissait : "Ceux qui ont fait 41 ou 41,5 années de cotisation doivent pouvoir partir à 60 ans."

    Autrement dit, c'est la même position, qui est celle du PS: retour aux 60 ans pour l'âge du droit à la retraite, mais avec maintien d'une durée de cotisation de 41,5 ans pour bénéficier d'une pension à taux plein.

    Crise financière. Le projet économique des deux candidats est proche sur le fond, lui aussi. Alors que le projet socialiste ne l'envisageait pas, ils se sont tous deux ralliés, la crise aidant, à la promesse de ramener les déficits sous la barre des 3 % du produit intérieur brut (PIB) avant 2013. M. Hollande va plus loin, en fixant pour objectif un déficit zéro à la fin du quinquennat, une promesse jugée "pas sérieuse" par sa rivale.

    "L'un comme l'autre sont dans une stratégie d'assainissement des finances sur la mandature", observe M. Ferrand. Il estime que les deux candidats se sont mis dans la logique du projet socialiste, qui s'éloigne des politiques keynésiennes pour aller vers une relance par l'offre : baisse de l'impôt sur les sociétés si les bénéfices de l'entreprise sont réinvestis ; priorité à l'enseignement supérieur et à la recherche pour aider l'innovation ; renforcement de la place de la France dans la compétition mondiale.

    Système bancaire. Même lorsque les deux finalistes cultivent les thèmes d'Arnaud Montebourg, la différence réside essentiellement dans la forme. Mme Aubry promettait ainsi à Toulouse, le 7 septembre : "Séparons les banques d'investissement et de dépôt ! Encadrons les agences de notation privées ! Taxons les transactions financières ! Interdisons les paradis fiscaux et les trous noirs de la finance !"

    Les mots sont plus offensifs que ceux de M. Hollande, pour qui il est temps que les banques "se recentrent sur le financement de l'économie" ou bien que celles "qui demandent la participation de l'Etat" soient placées "sous le contrôle partiel de l'Etat". Dans les deux cas, il s'agit de propositions issues du projet socialiste.

    Emploi. François Hollande écarte les 300 000 "emplois d'avenir", dans le secteur public, proposés par le projet socialiste, que Martine Aubry assume et revendique. Il leur préfère des "contrats de génération", consistant en l'embauche de 200 000 jeunes par les entreprises en échange de baisse de charges et du maintien de seniors en activité.

    La première approche vise des jeunes plus en difficulté et les oriente vers l'emploi public, au risque de leur offrir peu de débouchés par la suite. La seconde cible des jeunes mieux intégrés et les entreprises, avec le danger d'un effet d'aubaine. Mais les deux propositions sont similaires.

    Education. Certaines différences sont plus nettes. Ainsi, M. Hollande veut embaucher 60 000 enseignants pour compenser les suppressions de postes depuis 2007. Une telle mesure coûterait 2,5 milliards d'euros sur cinq ans, selon le candidat, dont le calcul est contesté par ses concurrents et par l'UMP.

    La mesure est en tout cas jugée trop chère pour Martine Aubry, qui préfère mettre fin aux suppressions de postes et renforcer les effectifs au cas par cas.

    Hadopi. A la veille du premier tour, le camp Aubry a lancé l'offensive, accusant M. Hollande d'avoir changé d'avis sur la très contestée loi Hadopi qui réprime le téléchargement illégal. Dans son projet, le PS propose de l'abroger. La maire de Lille est allée plus loin, en évoquant une "contribution à la création" prélevée sur les abonnements à Internet et qui financerait les droits d'auteur, en échange d'une dépénalisationdu téléchargement.

    Le député de la Corrèze, lui, a d'abord promis d'abroger la loi Hadopi, avant de se montrer plus flou face aux producteurs de cinéma. "J'ai dit qu'il fallait supprimer cette loi, mais j'ai dit aussi qu'il faudrait en faire une autre. On ne peut pas laisser l'économie numérique sans règle", a-t-il déclaré.

    Nucléaire. Lors des débats, les deux adversaires se sont affrontés ouvertement sur des questions comme le cumul des mandats ou la sortie du nucléaire. Mais, là aussi, la confrontation cache souvent une similarité.

    Martine Aubry propose de sortir du nucléaire sur vingt à trente ans. François Hollande envisage de diminuer la part de cette énergie à 50 % d'ici à 2025. Comme il l'a relevé lors du premier débat télévisé de la primaire, le 15 septembre, la proposition de la maire de Lille aboutirait à environ 50 % de nucléaire dans le "mix énergétique" en 2025. "Ce n'est pas parce que nos courbes se croisent que nous sommes d'accord", avait répondu Martine Aubry.

    Samuel Laurent


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